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Portraits de clients

Lea / Inde / 6 aout 2009

Hier : deuxième journée sur le terrain ! Riche en rencontres et en découvertes.

Je voulais consacrer cet article à certains clients que j’ai rencontrés.

J’avais confectionné un petit questionnaire pour les interviewer et je vais m’en servir pour vous peindre quelques portraits. Je me concentrerai sur les clients individuels travaillant sur le marché de Dhola (j’ai aussi rencontré plusieurs femmes appartenant à des Women Groups mais je n’ai pas eu l’occasion de les interviewer systématiquement).

Dhola Branch! Bornali, le Branch Manager et les 3 "CO"(community organizers)

Je m’excuse par avance si j’ai écorché leurs noms en les notant…

A chaque portrait un texte :

Nous arrivons devant une boutique de taille moyenne. Un vendeur est en train de faire tourner ses deux photocopieuses derrière un comptoir sur lequel sont disposés, derrière des vitrines, différents téléphones portables. Au fond j’aperçois un rideau tiré, j’apprends plus tard qu’un studio-photo se trouve derrière. Le Branch Manager demande au vendeur s’il peut appeler son patron (qui est le client de VSSU). Il l’appelle au téléphone et commence à lui parler. Le Branch Manager lui demande de lui passer le téléphone. La conversation semble très amicale et il me donne l’impression de parler à un ami.

En attendant que le patron arrive, nous nous asseyons face au comptoir, et le Branch Manager m’explique qu’il s’agit d’un commerçant avec divers business : voiture, téléphone, photocopieuse, studio-photo, moto, etc. C’est un « gros » client. Il lui a été accordé un prêt de 20 000 roupies (sachant que la limite du montant des crédits est de 10 000, sa femme et lui ont bénéficié chacun de ce plafond permettant ainsi d’atteindre 20 000 roupies). Il est chez VSSU depuis deux ans. Deux prêts lui ont été accordés.

Mr. Habib Khan arrive en moto. Il est jeune (32 ans) et a l’air confiant. Il s’assit avec nous pour répondre à mes quelques questions. J’apprends qu’il a deux fils (10 et 6 ans). Je demande s’ils ont une idée de ce qu’ils veulent faire plus tard, Habib Khan répond qu’ils voudraient être docteur ou ingénieur. Le Branch Manager en profite pour m’expliquer que son client a de l’éducation, ainsi que sa femme. Ses enfants vont donc à l’école et peuvent espérer, avec de bonnes études, obtenir un bon travail.

J’apprends que Mr. Habib Khan a de qui tenir, puisque son père était lui-même « businessman ». Quand je lui demande quel est son « rêve », il me répond qu’il aimerait pouvoir ouvrir une imprimerie (pour vendre des journaux).

Je pose ensuite quelques questions concernant ses rapports avec VSSU. Le Branch Manager me traduit qu’il est très content de traiter avec eux et les remercie pour leurs services. Il planifie, d’ailleurs, de contracter un nouveau prêt.

Le temps passe vite et nous devons partir rencontrer un nouveau client !

Murari Roy tient une boutique de vêtements (il vend notamment des saris). Il a 38 ans, porte des lunettes et est assis au milieu de tissus de toutes les couleurs encerclés par de hautes étagères remplies d’étoffes.
Je le fais parler de sa famille. Il a un fils de 12 ans qui veut devenir docteur ou ingénieur !
Quant à lui, son rêve serait d’ouvrir une boutique plus grande.

Entouré de ses saris

Entouré de ses saris

Il est clients chez VSSU depuis 10ans. Il contracte un crédit par an. Le prêt actuel s’élève à 10 000 roupies. Les services financiers de VSSU l’aide à faire prospérer son business, il planifie donc de contracter un nouveau prêt.

Comme toujours les rapports avec le branch manager sont très bons.
Je lui demande s’il a un téléphone portable (une des questions que j’avais préparées parce que je suis très intéressée par les opportunités du Mobile Banking – qui pourrait faire l’objet d’un futur article – et que je voulais connaître le pourcentage de clients en possédant un). Le Branch Manager me répond qu’il en a un, comme tous les « businessmen » (en effet c’était le cas pour tous les clients rencontrés).

Nous arrivons près d’une boutique. Sur la « terrasse » un groupe d’hommes sont en pleine partie de carom (il s’agit d’un plateau carré, comportant des trous à chaque coin, sur lequel on doit faire glisser un galet pour pousser les pions de sa couleur à rentrer dans ces trous). Nous entrons. Je rencontre alors le client de VSSU, un vieil homme de 70 ans avec une longue barbe blanche. Je lui pose mes questions alors qu’un groupe de jeunes s’attroupent à l’intérieur de la boutique. Le Branch manager m’explique qu’il a 5 voitures qu’il utilise pour le transport de marchandises. Il a aussi un commerce de pois.

Il a cinq enfants qui ont eux aussi monté différents business. Son père était, quant à lui, agriculteur. Avant de monter son business, Rasid Aliburkard travaillait lui aussi la terre.

C’est un client depuis plus de dix ans. Pendant quatre ans il a uniquement épargné. Mais depuis 6 ans il contracte des prêts régulièrement. Il reçoit 10 000 roupies par crédit. Il a de bonnes relations avec VSSU malgré quelques difficultés liées au fait qu’il désirerait obtenir de plus gros montants.

Nous quittons la boutique entourés de spectateurs.

Nous arrivons près d’une boutique d’homéopathie. Je rencontre alors un couple, les Bijam. C’est la femme qui a contracté un prêt pour le business familial. Elle s’appelle Sabrina. En plus d’aider son mari à la boutique elle donne des cours à plusieurs enfants du village. J’aperçois dans l’arrière boutique un petit tableau noir.

Ils ont un fils et une fille (8 et 4 ans) qui aimeraient devenir docteurs (le père du mari, lui aussi, était docteur : c’est donc une tradition de père en fils).

Un couple, un business

Un couple, un business

Ils m’expliquent qu’ils aimeraient pouvoir avoir une plus grande boutique. Ils sont clients de VSSU depuis 10 ans. Ils contractent généralement un crédit par an. Le montant actuel de leur prêt est de 5 000 roupies. Cet argent les aide à développer leur commerce.
Encore une fois, les clients semblent satisfaits des services de VSSU et n’ont pas de critiques à faire. J’aurais aimé pouvoir leur poser directement la question sans la présence d’un représentant de VSSU mais les bonnes relations entre les clients et le Branch Manager me laissent penser qu’il n’existe pas de grosses tensions entre eux et l’organisation.

Mr. Golam Rasul Gayen, 52 ans, est pharmacien. Nous le rencontrons alors qu’il est assis devant sa boutique mâchant du « bettle leaf » qui a pour caractéristique de colorer la bouche en rouge. Le Branch Manager me présente tandis que Golam passe de l’autre côté du comptoir.

La conversation s’engage. Nous commençons par parler de sa famille. Il a deux filles qui sont toutes les deux mariées et un garçon qui étudie pour devenir pharmacien. Il suit ainsi la « tradition », puisque le père de Golam était lui aussi, pharmacien.

Il n’est pas étonnant que le rêve de celui-ci soit d’ouvrir une plus grande pharmacie et de faire prospérer son business.

C’est un client de VSSU depuis plus de dix ans. Chaque année il contracte un nouveau prêt qui l’aide à développer son entreprise. Il est satisfait des services de VSSU et content d’avoir accès à ce type de produits financiers. Il ne semble pas avoir de plaintes à exprimer. Les très bons rapports avec le Branch Manager semblent le confirmer.

Je lui demande si il est au courant des différents projets sociaux menés par VSSU, il semble effectivement très au fait de leurs activités de développement (école, bibliothèque, etc). De manière générale, tous les clients de VSSU m’ont répondu positivement à cette question. Ce qui ne signifie pas qu’ils utilisent ou bénéficient de celles-ci.

Malheureusement, nous devons bientôt rentrer au bureau, nous avons alors juste le temps de prendre une photo.

Golam porte des lunettes qui lui donnent un air sérieux alors qu’il esquisse un sourire en me montrant sa barbe de trois jours, il me fait comprendre qu’il n’est pas parfaitement préparé pour une photo. Mais il accepte de bon cœur, s’emparant d’un stylo et s’appuyant sur son comptoir. Il me demande de lui envoyer une copie du cliché.

Fièrement installé derrière le comptoir de sa pharmacie

Fièrement installé derrière le comptoir de sa pharmacie

1 commentaire à Portraits de clients

  • Jerome

    Ravi d’être confronté au concret de ces différentes situations. Une grande diversité de métiers qui fait la richesses de cette communauté. On en sait un peu plus de leurs rêves à chacun. Peut-être ont ils un peu de mal (ou sont ils trop polis) pour parler de leur problèmes ouvertement…

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